La créatrice
Jeanne Simone
Elle voulait dessiner. Elle a passé trente ans à le faire pour les autres.
Née avec un handicap, elle a appris le dessin avant d’apprendre à s’en servir comme d’un métier, à une époque où les maisons ne recrutaient pas les corps différents. Elle est entrée chez Yves Saint Laurent, puis a travaillé pour Dior, Balenciaga et d’autres maisons de luxe, aux textiles et aux imprimés.
Irise Eyes est la première collection qu’elle signe de son nom. Douze motifs tirés à la main, sans commande, sans cahier des charges — la couleur telle qu’elle la voit.
Sur l’eau
Un foulard qui se regarde comme une image.
Irise Eyes cherche dans le carré de soie ce qu’on attend d’une photographie ou d’une toile contemporaine : un instant retenu, une matière qui bouge selon la lumière, un cadrage qui ne se répète pas. Le motif naît sur l’eau et n’est tiré qu’une fois — ce qui reste sur la soie, c’est la trace d’une image furtive.
L’impression est faite sur des soies de qualité supérieure, commandées directement en Italie. Le twill retient la couleur sans la durcir, et le tombé rend au dessin le mouvement dont il vient.
Trois minutes
C’est le temps pendant lequel les encres restent mobiles sur le bain. Passé ce délai, la surface se referme et le dessin est figé, quel qu’il soit. Rien ne s’ajoute, rien ne se retire.
Aucun repentir
Un peintre reprend sa toile, un graveur retouche sa plaque. Ici la main passe une fois. Les motifs que nous éditons sont ceux qui ont réussi ; les autres sont restés dans l’eau.
Le nœud décide
Un carré noué ne montre qu’un quart de son dessin. Le porter, c’est choisir la partie du bain qui restera visible — et en changer le lendemain.
Entretien
Nettoyage
Nettoyage à sec uniquement. L’eau détend le twill et ternit les encres.
Repassage
Fer tiède sur l’envers, sans vapeur, sans appuyer sur les roulottés.
Rangement
Plié à plat dans son coffret, à l’abri de la lumière directe.
Parfum
Jamais vaporisé sur la soie : l’alcool marque le motif de façon définitive.



